COP21 Ce dont il s’agit (et pourquoi la nuit a été longue)

Pour la deuxième nuit consécutive, les délégués des 196 Parties n’ont pas fermé l’œil. Et même si, au matin, des avancées ont été saluées de toutes parts, il reste des points de divergence. Quels sont-ils ?
  • La différenciation : pays développés/pays en développement 
    C’est l’un des principes fondamentaux de la Convention climat de l’ONU adoptée à Rio en 1992. La notion de « responsabilités communes mais différenciées » instaure une division stricte entre pays développés et pays en développement en termes de responsabilité dans le dérèglement climatique. La difficulté principale porte sur la répartition des efforts de réduction des émissions et sur les financements.

  • Les finances : la question de l’aide financière aux pays en développement 
    À Copenhague, les pays développés se sont engagés à verser 100 milliards de dollars par an d’ici 2020, sous diverses formes, dons ou prêts et provenant de diverses sources, publiques ou privées, pour financer les politiques climatiques des pays en développement. Ces derniers souhaitent que cette enveloppe augmente après 2020 pour les aider à financer leur transition énergétique ainsi que les mesures d’adaptation aux effets néfastes du réchauffement climatique (montée des eaux, crise alimentaire…).
    Le texte souligne l’importance de rééquilibrer les financements en faveur de l’adaptation et de soutenir les politiques publiques et les besoins des Etats notamment les plus vulnérables. Reste à savoir comment répondre à cette demande et qui doit contribuer : seulement les pays développés, ou également des pays émergents qui le souhaiteraient.
  •  Dernier sujet : les objectifs et le niveau d’ambition de cet accord 
    Jusqu’à présent, l’objectif fixé par le GIEC de limiter la hausse de la température à 2°C par rapport à l’ère pré-industrielle était dans tous les esprits. Or de nombreux pays, dont les États insulaires, qui sont les premiers menacés par la hausse du niveau des océans, réclament un objectif à 1,5°C, ce qui n’est pas du goût des grands pays producteurs d’énergies fossiles. Un tel objectif impose aux parties prenantes de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (principe d’atténuation), par exemple en développant les énergies renouvelables ou en soutenant les modes de transport les moins émetteurs, l’isolation des bâtiments, la reforestation.
    Sur les 195 Parties, 185 ont présenté leur plan d’action destiné à limiter leurs émissions de gaz à effet de serre (INDC), reste à s’assurer que les Parties tiennent leurs engagements.
    L’un des dispositifs essentiels de l’accord est la mise en place d’un mécanisme de révision de ces derniers. Le premier bilan global est prévu pour 2023. Ensuite une révision tous les cinq ans de ces contributions est convenue afin d’aller toujours plus loin dans la réduction mondiale des émissions de gaz à effet de serre.

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